Le champ de prédilection du conscient est l’avenir, or, pour pouvoir se montrer efficace dans le moment présent tout en regardant vers l’horizon, il ne faut surtout pas qu’il s’embarrasse du passé. Que faire de ce passé, Que faire de cette blessure ? La peau elle-même n’aime pas se souvenir, elle s’oblige à effacer les traces de toutes plaies. Le conscient se « plaît » également à oublier le problème qu’il a résolu et comment fait-il ? Sans doute y a t-il un programme qui s’exécute automatiquement devant la somme de choses à traiter en un temps si court, un programme de service qui trie les éléments selon des critères simples : « cette information n’est pas capitale, allez hop ! Direction inconscient ! », ou encore : « cet événement m’apporte une gène ou une douleur et je ne peux ou ne sais la régler maintenant, allez hop ! ». Combien d’informations retient-il, ce bon conscient ? Sur mille petits objets observés, combien va t-il en conserver près de lui ? Très peu je pense… Le conscient est un tout petit radeau flottant à la surface de l’océan de l’inconscient, mais parfois une vague vient le submerger, déposant dans son passage quelques affaires écartées par le petit programme servile et l’agitation apparaît sur le petit esquif. A son bord, le ou les embarqués ne chercheront qu’une seule chose : rejeter le plus vite possible à la mer ce que l’océan leur a rapporté.